Presse

Emanuel Lang, quatre ans plus tard

Article : Journal de l’Alsace par Laurent Bodin

Le 20 décembre 2013, l’entreprise Emanuel Lang redémarrait une première machine après six mois d’une bataille acharnée menée notamment par Pierre Schmitt et symbolisée par une vente aux enchères des machines annulée in extremis. Quatre ans plus tard, l’entreprise a réembauché 20 personnes et mise sur le lin, le chanvre et l’ortie pour véritablement redécoller en en 2018.

Marie-Jo Gross, depuis 34 ans dans l’industrie textile, vérifie le kelsch tissé par l’entreprise Emanuel Lang à Hirsingue. Photo L’Alsace
Vincent sur un des 30 métiers à tisser de l’usine Emanuel Lang à Hirsingue, où l’activité a redémarré il y a quatre ans. Photo L’Alsace
La direction de l’entreprise Emanuel Lang discute avec la propriétaire des locaux, Martine Muterrer, pour un éventuel rachat en 2018. Photo L’Alsace
des ouvriers Emanuel Lang sur une machine à encoller
Des ouvriers sur une machine à encoller de l’ancienne usine Virtuose qui, depuis quatre ans, renaît sous la marque originelle Emanuel Lang. Photo L’Alsace

Photos : Thierry Gachon

Quatre ans après le redémarrage d’Emanuel Lang à Hirsingue, les pionniers d’hier ont été rejoints par d’autres salariés, comme eux des anciens de Virtuose, le nom sous lequel Emanuel Lang a failli mourir en 2013. Si la mobilisation du personnel n’avait pas, à l’initiative de Pierre Schmitt, empêché la vente aux enchères des machines, l’usine de Hirsingue serait une friche de plus. Le coup est passé près mais l’affaire appartient désormais au passé. Nulle nostalgie dans les allées du site où, tout de même, sont affichées les coupures de presse. Celles d’avant, notamment la venue d’Arnaud Montebourg, et celles d’après Virtuose. Entre les mots des salariés, pointe tout de même la reconnaissance envers Pierre Schmitt, désormais actionnaire majoritaire d’Emanuel Lang, et de Christian Didier, le directeur général, lui aussi ancien de la maison (lire ci-dessous).

La situation, cependant, n’est guère propice à s’épancher sur le passé. L’entreprise est en effet fragile et pas encore rentable. « Nous avons la chance d’être dans le groupe de Pierre Schmitt et de travailler en synergie avec les autres entités. Seul, ce serait très compliqué » , reconnaît Christian Didier. Preuve des difficultés : les longues négociations, toujours en cours, avec la propriétaire des locaux qu’Emanuel Lang louait jusqu’à un passé récent et voudrait acheter au cours de l’année à venir. Au sein des locaux pour l’instant surdimensionnés, l’activité tourne en deux équipes depuis le 1er octobre. Il s’agit notamment de satisfaire une commande de 60 000 m de tissu à base de Tencel® et de lin pour Velcorex. Tous les produits traités ici sont destinés au luxe ou à des entreprises au haut de gamme. Avant d’arriver chez le client final, beaucoup feront une étape dans une autre société du groupe Schmitt. Ici des rideaux pour un palace parisien, là du fil pour les sacs d’une maison de luxe, là encore du kelsch d’Alsace commercialisé par une entreprise strasbourgeoise… « On fait des articles beaucoup plus sériés » , résume Christian Didier, qui reconnaît un retard pris dans la mise au point de coloris pour le kelsch. « Mais c’est désormais acquis et ça servira l’an prochain » , note le responsable qui entend garder de nombreuses cordes à son arc. D’où les chemises fabriquées sur mesure que l’on peut commander sur le site internet ( emanuel-lang.fr ) ou au magasin Matières Françaises, ouvert place de l’École à Colmar. Et Christian Didier de rappeler la philosophie de Pierre Schmitt : maîtriser l’ensemble de la chaîne de production afin de proposer au grand public des produits de qualité à prix raisonnable, c’est-à-dire sans les marges des distributeurs.

Article : Journal de l’Alsace par Laurent Bodin

 

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