Conseils

Un peu de culture textile… Le Seersucker

Seersucker est originaire d’Inde où on l’appelle « shir-o-shakar ». Ce terme signifie, en Persan, « Lait et Sucre » en référence aux deux textures qui cohabitent dans ce tissu : la matière douce et lisse (le lait) et la matière froissée et « craquante » (le sucre). Le terme a évolué au 18ème siècle pour devenir « sea sucker » et plus tard « Seersucker ».

C’est un tailleur de la Nouvelle-Orléans qui a créé en 1907 le premier costume en seersucker. Bien qu’à l’origine porté par des personnes modestes aux États-Unis, les costumes en seersucker se sont imposés comme la signature du gentleman du Sud. Les hommes aisés, du Nord des USA, en vacances dans le Sud, se sont mis à les imiter.

Il s’est popularisé pendant la Seconde Guerre mondiale en Angleterre puis aux États-Unis, lorsque les premières femmes Marines américaines le choisirent pour leur uniforme de service d’été. Réservé dans les années 50 aux nurses de l’armée britannique, le seersucker, fort de son succès, est vite devenu l’apanage de la jeunesse étudiante.
Aujourd’hui, les membres du Congrès portent tous du seersucker une fois par an, le deuxième ou le troisième jeudi de Juin. Le sénateur républicain Trent Lott du Mississippi fut à l’origine de l’idée, en 1996, « d’apporter une touche de charme du Sud au Capitole » et de créer une prise de conscience de la façon dont les sénateurs étaient habillés avant le luxe des atmosphères climatisées.

La sénatrice Diane Feinstein de Californie, fervente partisane du seersucker, a encouragé toutes les sénatrices à se joindre à la tradition.

Il est devenu incontournable dans la garde-robe de l’homme et de la femme moderne. Il se décline en vestes, chemises, pantalons et bermudas. En plus de convenir à toutes les morphologies et à tous les âges, le seersucker a un côté rassurant car intemporel.

D’Hermès à COS, exemple parfait de ce mariage du classicisme et de la légèreté: APC revisite la traditionnelle vareuse dans le tissu gaufré avec des bandes ciel et blanches, tout juste ponctuées de cinq boutons en corne. Tommy Hilfiger brode ses seersuckers de petits homards bleus et les proposent en version shorts et pantalons coupe chino. Également disponible en version féminine, le seersucker se décline en tailleur de coton rayé couleur turquoise. Chez Paul & Joe Sister, la créatrice Sophie Albou imagine un short taille haute et une veste ajustée aux rayures froncées marine. Quant à COS il propose le seersucker en version total look sur un tailleur-pantalon homme, ou sur un bloomer pour enfant « cloqué corail. D’Hermès à Louis Vuitton (en ton sur ton ivoire) en passant par Ralph Lauren, Jacadi (sur une salopette rouge) et Viktor & Rolf, le seersucker s’impose.

Quel est donc le secret du seersucker ?

Tissu Seersucker Emanuel Lang

L’effet de froissage est obtenu par l’utilisation de 2 chaînes, une chaîne de fond à tension constante qui produit la toile et une chaîne à tension légèrement plus forte qui crée l’effet de froissage en relief.

La contraction de ce pli peut varier de 25 à 40 %. Cette technique permet d’obtenir un tissu présentant à la fois un aspect lisse en arrière-plan et un effet « gaufré » en avant-plan. Grâce à cette technique, le tissu reste donc légèrement à distance de la peau, ce qui facilite grandement la circulation de l’air et donc la dissipation de la chaleur. Ce tissu est donc l’idéal pour les chaleurs estivales ou les climats tropicaux !

Il bénéficie également d’une extensibilité naturelle et il ne se froisse quasiment pas. Il n’est pas nécessaire de le repasser !
En somme, élégant, agréable à porter, facile à entretenir, intemporel et moderne. Qui dit mieux ?
Chez Emanuel Lang, on garde jalousement ce secret depuis les années 60. On raconte même que les tisserands avaient chacun leur secret et leur propre technique pour freiner une des deux ensouples !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *